[il y a longtemps que vous n'aviez plus de nouveaux textes... bah, problème résolu, vous voila de la lecture

Poitiers, France, 1995.

Une maison au façades de crépit jauni. Une chambre. Un univers.
Des jouets sont disposés sur un plancher. Partout. Ils forment une image. Un paysage. La savane africaine. Arbres et animaux de plastique sont autant d'analogues aux éléments de la réserve naturelle africaine du Sérengetti, qu'un jeune enfant, propriétaire des lieux, voit chaque dimanche sur France 3. La chambre n'est pas une chambre. C'est une parcelle du continent africain. Les Playmobiles qui jonchent le sol sont infiniment plus que des jouets de plastique. Des fauves surveillent des gnous, et un éléphant étend son appendice nasal vers le sommet d'un arbre.
Il
y a quelques humains, mais peu. Et ils sont le plus souvent guettés par des prédateurs.

Au milieu de ce monde recréé, un être, jeune. Le petit Antoine. Maigrichon, pas plus grand que la moyenne, cheveux blonds frisés. Il a dans sa main un homme à la chevelure châtaigne, au pantalon bleu clair et à la veste blanche crème. D'un regard innocent, il fixe le personnage de plastique à l'expression figée en un sourire sans profondeur. Il n'a pas de vécu, lui, le bout de plastique. Cela se voit dans son regard. Il a l'air un peu niais. Comme si aucun événement ne pouvait l'interpeller. C'est normal, lui, il n'est pas né du ventre de sa mère, entouré de draps blancs et apprenant à surmonter la vie dès lors qu'une première bouffée d'air pénétra ses poumons. Non, lui, le bout de plastique, n'a jamais crié devant cette douleur : celle du changement. Le Playmobile, lui, a été fabriqué à la chaîne dans une usine appartenant à une multinationale américaine. Il est sorti tout droit d'une drôle de machine, en pièces détachées. Et la construction de son être ne s'est accomplie que lorsqu'une paire de main a commencé à assembler machinalement ses jambes, son buste, son crâne, vide, et sa chevelure. A côté de lui, il y avait des dizaines d'autres paires de mains, des centaines d'autres pièces à assembler.
Mais ces choses là Antoine n'y pense pas encore. Elles ne lui viendront à l'esprit que douze ans plus tard, le dimanche 11 mars 2007, alors qu'un critérium remuera entre ses doits en grattant la feuille vierge qu'il aura emportée au parc de Blossac pour faire un exercice de français. Pour le moment, Antoine sait simplement que l'homme qu'il tient au creux de sa main s'appelle Martin, et qu'il est parti en Afrique faire un safari. Non. Antoine n'aime pas les touristes, ils ont l'air bête. En fait, c'est un aventurier. Personne ne sait pourquoi il est ici, pas même Antoine, qui par ailleurs s'en fiche éperdument. Il y est, c'est tout, et il va lui arriver tout plein de choses. Tiens, d'ailleurs il vient d'apercevoir un tigre. Il n'y a pas de tigres en Afrique, ça, Antoine le sait, car pour son âge il est plutôt calé en ce qui concerne les animaux. Mais tant pis. Antoine aime ses tigres en Playmobiles, alors il joue avec. L'enfant saisi le puissant animal de sa main gauche, et imite un rugissement. Martin émet un son surpris et pas vraiment rassuré. Il se dit qu'il devrait aller sa cacher... mais il est trop tard. L'impitoyable félin saute sur sa proie et la déchiquette sans le moindre ménagement. Tant pis pour lui. Antoine n'aime pas les humains, il préfère les tigres. Ils sont plus jolis, et surtout, plus forts.

A
des années lumières de là, trois amis, deux jeunes hommes et une demoiselle à la silhouette avantageuse, jouent au frisbee dans la pelouse d'un parc. A leur droite une jeune adolescente en crise grommelle contre sa mère. Plus loin un groupe d'amis est assis dans l'herbe. L'un d'eux tient une guitare et joue un air à la teneur sereine, enjouée et printanière. A gauche, des couples insouciants se croient coupés du monde. Ils aiment ça. Quelque part, enfin, un autre Antoine écrit au critérium sur une feuille blanche, et se demande où il va bien pouvoir faire son exercice de français, maintenant que la page est totalement remplie...
Ce
t Antoine là n'a pas grand-chose à voir avec l'autre. Bien sûr il y a quelques similitudes. Mais tous deux ne vivent pas dans le même monde. Cet Antoine là a dix-sept ans, et il commence à percevoir ce qu'est réellement la vie. Et surtout, cet Antoine là est soucieux. Il aimerait bien la vivre, la vie. D'autant qu'il sait à quoi elle ressemble, à force d'observer les autres personnes de son âge. Mais cette vie, il ne parvient pas à l'atteindre, prisonnier d'une drôle d'apathie qui lui fait tort, et qu'il regrette. Au lieu de passer tout son temps à jouer aux Playmobiles, peut-être aurait-il dû être un tout petit peu plus terre-à-terre. Sans doute n'aurait il pas dû s'enfermer inconsciemment dans une bulle de bonheur parallèle dont il va maintenant devoir se dissocier. Non pas la supprimer, car elle est riche. Mais la contrôler, savoir en déverrouiller la serrure ; car cela devient indispensable. Pourtant, même conscient de la nécessité de la chose, Antoine n'y parvient pas. Devant son sentiment découragé, tout le monde lui promet un déclic. Même lui l'espère. Et pourtant sa simple volonté ne le déclanchera pas à elle toute seule. Résigné, Antoine continu donc de s'échapper par tous les moyens, comme il l'a toujours fait. Par l'émotion, par l'écriture, par le plaisir. En cet instant précis il pense à son enfance, sans nostalgie. Il est globalement heureux de la vie qu'il mène, malgré ce souci d'importance auquel il ne peut s'adapter, car il touche sa nature profonde. Ce souci vient parfois tacher quelque peu son bonheur, c'est vrai. Pour la première fois, Antoine doit cesser d'éviter, et commencer à surmonter. Il se dit que tout être en est passé par là, et qu'un humain se construit ainsi. Peut-être qu'il se construit, lui aussi. Cela ne l'angoisse pas vraiment. Il se sent impatient. Il est frustré, quelque part, même s'il y a aussi et avant tout le fait qu'Antoine commence à ne plus aimer ce qu'il est. Physiquement comme intellectuellement, l'Antoine aux Playmobiles a depuis longtemps disparu. Dans les idées, du moins. Dans les actes en revanche, sans doute est il encore présent. « Actes »... un mot que l'Antoine d'aujourd'hui trouve merveilleux. Comme une pâtisserie dorée dont on rêverait de goûter la saveur. Ce goût, Antoine l'a déjà senti, quelques rares fois. Il lui est apparu comme quelque chose de profondément plein ; pareil à la première bouchée d'un pain au chocolat. Celle que l'on apprécie tant, lorsqu'on a faim. C'est cette saveur sans doute connue de tous, quand chacun de nos pores suinte d'un liquide opaque, épais, sucré ; et que l'on sait présent jusque dans le noyau de nos cellules. Vivre, et en être conscient. Sans doute quelque chose d'accessible, pour la plupart des gens. Routinier même, peut-être.
On dit qu'il faut v
ivre ses rêves et non rêver sa vie.
Moi, je réponds que mon rêve est de
vivre.
Une volonté sans suite.
Une
route sans direction.
Cercle sans fi
n et sans début.
Fatalité... ?
Non.

.
.


[photo & retouche by me]
[il y a longtemps que vous n'aviez plus de nouveaux textes... bah, problème résolu, vous voila de la lecture

# Posté le lundi 12 mars 2007 16:59

Modifié le vendredi 16 mars 2007 12:39

Antimatchos Version #2

[texte qui avait déja été publié sur ce blog...
Le voila rematerisé.
(y avait besoin ^^)]



Lui qui t'aura bléssé
Sans l'ombre d'un remord.
Quelle marque a-t-il laissé
Pour obtenir ton corps ?

Laisse ta rancoeur
Blesser son coeur
De profiteur
Exploite une force que lui ne connais :
Celle de la sensibilité.
N'hésite pas une seconde
A lui dire ce qu'il est.

Combattons cette peste.
A notre échelle, embrasons de nos feux
Ces êtres et ce qu'ils représentent.
Je suis avec toi.

Marre de vous voir pleurer
Pour de tels enfoirés
Marre qu'on me prenne pour eux
Sans regarder mes yeux
Puériles opportunistes
Vaniteux égoïstes
Plus insensible que des pierre
Indignes pollueur de votre air
Et que cette contition rend fiers
Ne partagent avec moi que leur sexe.

Regardez, êtres superficiels et décadents
Regardez qui vous lance ces paroles
Sans une ombre de doute,
Et avec honnêteté.
Vous avez devant vous un advrsaire effeminé
Sans doute bien maîgrelet
Un mec un peu bizare, qui respecte vos jouets
Mais digne, peut-être
Et qui de toute sa vie
N'a vécu qu'une seule et unique expérience
Une seule, mais un succès.
Je peux vous mépriser
Je peux vous insulter
En totale liberté
Et vous le méritez.

Je vois d'ici votre bouche s'étirer
En un sourrir rempli de supériorité ;
De glace devant mon animosité.
Alors tentez de rétorquez.
Sans doute seriez vous bien en peine
S'il vous fallait par des mots purifier
Le poison qui parcourt à mes yeux toutes vos veines

Qu'ils vantent encore leur petit matériel
Et les silouettes de celles qui les ont tant aimé
Continuez donc de fissurer leurs coeurs
Indifférents à leur douleur
Continez de noircir votre image
Et souillez moi de votre mal
Pour répondre au besoin désolant
D'être un mâle

# Posté le mercredi 14 février 2007 17:19

.olÔlo.

Notre principale force est sans doute le passé
Terni ou bien enjolivé, il ment avec impunité
Et en sa compagnie nous suivons un chemin
Antécédent de tous nos lendemains

Notre présent, en général, est routinier
Malgré quelques moments d'oisiveté
Il est souvent cadre d'indifférence
Mais en alliés espoir et souvenirs viennent pallier la stagnance

Le futur quand a lui
Paraît toujours brumeux mais prometteur
A nos regards il lui
Et se présente comme un sauveur

Mais quand arrive le moment
Où lui-même devient le présent
Nous espérons naïvement voire venir
La joie hypothétique d'un nouvel avenir
.
.
.olÔlo.

# Posté le samedi 10 février 2007 05:12

Modifié le samedi 10 février 2007 05:34

Synthèse

Il est un mot qui par sa musicalité
R
aconte la réalisation de son objet.
D
eux consones, trois voyelles.
U
n mot pareil à une douce et fluide musiquelicatement rythmée.

L
a mélodie commence
De l'impulsion du P,
Assez puissant pour llancer.

En
suite arrive le « O »,
Ce
premier ingrédient de notre lopée,
E
t qui connote la profondeur
D'un vent qui vous anime
Sans quitter votre coeur.
D'abord il est une brise discrète et intérieure.
P
uis peu à peu il se développe
Ju
squ'à s'épanouir avec lenteur

De cette ouverture naît le « é ».
Im
matériel son monochrome coloré de pureté.
Il est ltat second.
A
près le souffle, l'inspiration.

Puis à son tour il change
E
t le mot se resserre et s'envole
A
ce moment
Le
P basique s'essouffle,
Tr
op fixe et bref pour perpétrer l'enchantement.

A
rrive alors une sonorité
De
course maîtrisée.
Le
son mouvant et continu
D'
un S atténqui vient porter secours et pvenir la chute.
Enzardant dans cette osmose,
Il
soutient et transporte le flux
Ma
îtrisant avecle sa montée.

I symbolise l'extase, explosion contenue,
Aboutissement jouissif de votre transe,
I
l vous emporte dans les airs
G
râce au tremplin qui l'avait prédé.

P
uis la magie s'éteint lentement
Un
e discrète et silencieuse retombée
Trouve un habit de soie dans le « e » muet,
S
igne d'une respiration à psent achevée.
Synthèse
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# Posté le mercredi 07 février 2007 11:58

Modifié le jeudi 01 mars 2007 15:07

Vapeur d'encre

Vapeur d'encre

Mes murs se fragilisent tandis que l'encre
noire de votre indifférence les ronge irrémédiablement
et me pénètre comme une vapeur nécrotique. La passive violence
que sécrètent vos auras me détériore comme une pierre qu'on
use avec acharnement. Pierre immobile, seule cause de son
malheur. Gemme noire meurtrie par sa nature
et son manque d'assurance.

# Posté le mercredi 07 février 2007 11:34